,

Quel cadre théorique choisir pour un mémoire en criminologie au Québec ? (2026)

Votre direction vous a demandé un cadre théorique et vous avez sept théories différentes en tête, aucune clairement retenue, et une date de dépôt de proposition dans deux semaines. En criminologie, ce blocage est particulièrement fréquent parce que le champ compte plusieurs traditions théoriques solides qui ne posent pas la même question : la tension, le contrôle social, la désorganisation sociale, l’étiquetage et le parcours de vie n’expliquent pas le même phénomène, et le bon choix dépend entièrement de ce que votre objet de recherche demande.

Quelle théorie choisir selon votre objet de recherche ?

Livre academique annote au crayon avec des fiches de theories a cote
Le cadre théorique se choisit en fonction de la question, pas en fonction de la théorie la plus citée.

Retenez la théorie de la tension générale (Agnew) lorsque votre objet porte sur les sources de stress, l’échec de buts valorisés, la perte de relations positives, l’exposition à des stimuli négatifs, qui poussent un individu vers un comportement délinquant comme stratégie d’adaptation. Elle convient particulièrement aux études sur la délinquance juvénile liée à des conditions de vie difficiles ou à la victimisation antérieure.

Retenez la théorie du contrôle social (Hirschi) lorsque votre question porte plutôt sur ce qui retient les individus de commettre un délit, plutôt que sur ce qui les y pousse : l’attachement aux figures significatives, l’engagement envers des objectifs conventionnels, la participation à des activités structurées et l’adhésion aux normes sociales. Elle s’applique bien aux études sur la délinquance chez les jeunes dont les liens sociaux se sont affaiblis, décrochage scolaire, rupture familiale.

Quand la désorganisation sociale et l’étiquetage sont-ils pertinents ?

La théorie de la désorganisation sociale, héritée de l’école de Chicago (Shaw et McKay), convient lorsque votre objet est ancré dans un quartier ou un milieu géographique précis et cherche à expliquer des taux de criminalité différentiels par des caractéristiques structurelles, pauvreté, instabilité résidentielle, hétérogénéité ethnique, plutôt que par des traits individuels. Un mémoire portant sur la criminalité dans un secteur montréalais précis s’appuie naturellement sur ce cadre.

La théorie de l’étiquetage (Becker, Lemert) convient lorsque votre objet porte sur les conséquences du contact avec le système de justice pénale lui-même, comment une première arrestation ou une étiquette de « délinquant » peut favoriser une déviance secondaire par la réaction sociale qu’elle déclenche, plutôt que sur les causes du premier comportement délinquant. Elle est particulièrement utile pour étudier la récidive ou la réinsertion.

Quand recourir à la criminologie du parcours de vie ?

Un fil traversant plusieurs anneaux representant les etapes d'une trajectoire de vie
La criminologie du parcours de vie suit une trajectoire dans le temps plutôt qu’un moment isolé.

La criminologie du parcours de vie (Sampson et Laub) convient lorsque votre objet suit un individu ou une cohorte dans le temps et cherche à expliquer pourquoi certaines personnes cessent une trajectoire délinquante à un moment donné, un mariage stable, un emploi durable, tandis que d’autres persistent. Ce cadre exige des données longitudinales ou rétrospectives détaillées et convient donc mieux à un mémoire disposant d’un accès à des dossiers ou à des entrevues biographiques approfondies qu’à une étude transversale ponctuelle.

Comment les perspectives féministes et critiques s’intègrent-elles ?

Les perspectives féministes en criminologie conviennent lorsque votre objet porte sur le genre comme variable structurante, la victimisation genrée, le traitement différencié des femmes dans le système pénal, ou les limites des théories classiques élaborées presque exclusivement à partir d’échantillons masculins. Elles se combinent souvent à un second cadre plutôt que d’être utilisées seules, puisqu’elles offrent une critique plus qu’une théorie causale complète en elles-mêmes.

Comment le cadre théorique doit-il traiter la surreprésentation autochtone ?

Un mémoire touchant à la surreprésentation des personnes autochtones dans le système de justice pénale canadien ne peut se contenter d’un cadre criminologique classique sans l’articuler explicitement aux principes reconnus en droit canadien. L’article 718.2e) du Code criminel exige des tribunaux qu’ils envisagent toutes les sanctions substitutives à l’incarcération applicables, en accordant une attention particulière aux circonstances des délinquants autochtones, une disposition issue de la jurisprudence sur les principes Gladue. Les appels à l’action de la Commission de vérité et réconciliation adressent directement le système de justice, et un mémoire en criminologie qui aborde ce terrain gagne à situer son cadre théorique par rapport à ces cadres juridiques et politiques plutôt que de les traiter comme un simple contexte.

Les réformes législatives récentes, l’abolition de certaines peines minimales obligatoires ou les projets de décriminalisation de la possession simple pour usage personnel dans certaines provinces, changent aussi le terrain empirique disponible pour un mémoire portant sur la détermination de la peine ou sur les politiques de justice pénale ; datez précisément votre revue de la littérature et de la législation, puisque ce domaine évolue rapidement.

Un mémoire qui mobilise ces cadres juridiques doit également éviter deux écueils fréquents. Le premier consiste à traiter les principes Gladue comme une simple variable de contrôle statistique plutôt que comme un cadre normatif à part entière qui reformule la question même de ce que la détermination de la peine cherche à accomplir. Le second consiste à généraliser des constats tirés d’une communauté ou d’une nation autochtone particulière à l’ensemble des peuples autochtones du Canada, une homogénéisation que la littérature critique récente signale explicitement comme problématique.

Peut-on combiner deux cadres théoriques en criminologie ?

Oui, à condition de préciser où chaque cadre fait un travail distinct. Une combinaison fréquente et défendable associe le contrôle social pour expliquer l’engagement initial dans un comportement délinquant à la criminologie du parcours de vie pour expliquer la persistance ou la cessation de ce comportement dans le temps. Ce qui n’est pas défendable, c’est de juxtaposer deux théories aux postulats incompatibles, par exemple une explication purement structurelle et une explication purement individuelle, sans jamais nommer la tension entre les deux.

Ce choix de niveau d’analyse, structurel contre individuel, traverse également d’autres disciplines confrontées à un terrain institutionnel ; un mémoire en travail social confronté à la même tension entre le niveau individuel et le niveau structurel articule sa réponse d’une façon transposable, et le choix entre plusieurs statistiques officielles pour documenter un phénomène de justice pénale suit la même logique de traçabilité des sources que celle exposée dans le guide sur où trouver des données statistiques sur le Québec pour un mémoire.

Quelles données statistiques appuient un cadre théorique en criminologie ?

Statistique Canada publie l’Indice de gravité de la criminalité et les taux de classement pondérés par province, territoire et région métropolitaine de recensement, une table mise à jour annuellement qui permet de situer votre terrain d’étude par rapport aux tendances nationales avant même d’aborder votre cadre théorique. Pour un mémoire touchant à la surreprésentation autochtone dans le système correctionnel, la table sur les admissions des adultes en détention selon l’identité autochtone, également publiée par Statistique Canada, fournit des séries longitudinales utiles pour documenter empiriquement l’écart que votre cadre théorique cherche à expliquer.

Citez ces tables par leur numéro et leur année de référence, comme pour toute autre statistique officielle ; la logique de traçabilité et de datation des sources est la même que celle exposée dans le guide sur les sources de données de santé pour un mémoire, un terrain différent mais confronté au même exercice de sourçage rigoureux.

Comment rédiger la section cadre théorique de votre mémoire ?

Nommez la théorie, son ou ses auteurs, les deux ou trois postulats que vous retenez, et ce que ces postulats impliquent concrètement pour votre question de recherche. Voici un exemple à adapter.

Ce mémoire s’appuie sur la théorie du contrôle social de Hirschi (1969), qui explique la délinquance par l’affaiblissement des liens sociaux conventionnels plutôt que par la présence de motivations délinquantes spécifiques. Ce postulat oriente la question de recherche vers les ruptures d’attachement et d’engagement vécues par les participants avant l’apparition du comportement délinquant étudié, plutôt que vers leurs traits de personnalité, et structure la grille d’entrevue autour des quatre dimensions du lien social identifiées par l’auteur.

Tesify peut-il vous aider à rédiger votre cadre théorique ?

Choisir entre la tension, le contrôle social et le parcours de vie reste une décision que seule votre question de recherche peut trancher, mais rédiger la section qui présente ce choix, justifie les postulats retenus et en tire les implications méthodologiques, c’est exactement le travail de rédaction que Tesify est conçu pour accélérer.

Le forfait gratuit de Tesify vous permet de commencer dès maintenant, sans carte de crédit, à structurer votre chapitre de cadre théorique pendant que vous finalisez vos lectures. L’éditeur IA reformule vos paragraphes sans dénaturer votre argumentation, et le générateur de bibliographie organise vos références en APA à mesure que vous citez Agnew, Hirschi ou Sampson et Laub.

Commencez gratuitement avec Tesify

Foire aux questions

Dois-je choisir une seule théorie ou puis-je en discuter plusieurs avant de trancher ?

Discutez brièvement deux ou trois théories candidates dans votre revue de littérature pour montrer que le choix est réfléchi, puis retenez-en une seule, ou une combinaison explicitement justifiée, comme cadre opérationnel pour votre analyse.

Ma direction de recherche privilégie une théorie que je ne maîtrise pas encore. Que faire ?

Demandez des lectures fondatrices précises plutôt que de deviner, et vérifiez que la théorie proposée correspond réellement à votre objet avant de l’adopter uniquement par déférence envers votre direction.

Utiliser Tesify pour structurer mon cadre théorique est-il considéré comme du plagiat ?

Non, à condition que les idées et l’analyse restent les vôtres et que vous déclariez l’usage d’un outil d’aide à la rédaction selon la politique de votre établissement, une exigence de plus en plus répandue dans les universités québécoises.

Combien coûte Tesify pour rédiger un mémoire complet ?

Le forfait gratuit couvre la structuration de vos chapitres ; les forfaits payants ajoutent des fonctionnalités comme l’éditeur IA avancé pour les mémoires plus longs. Commencez gratuitement et évaluez vos besoins réels ensuite.

Faut-il une approbation éthique pour discuter des principes Gladue dans mon cadre théorique ?

Non, discuter d’un cadre juridique déjà public ne requiert aucune approbation éthique ; celle-ci devient nécessaire seulement si votre collecte de données implique directement des participants autochtones ou des dossiers judiciaires nominatifs.

Comment savoir si ma revue de la littérature sur ces théories est suffisamment à jour ?

Indiquez la date de votre dernière recherche documentaire, et pour les théories bien établies comme celle de Hirschi, complétez les textes fondateurs par au moins une application ou une critique publiée au cours des cinq dernières années.

Le mémoire porte sur un terrain institutionnel sensible. Le cadre théorique change-t-il l’accès nécessaire ?

Oui, indirectement : un cadre qui implique des entrevues avec des personnes judiciarisées ou du personnel correctionnel entraîne des exigences d’accès et d’éthique proches de celles d’un mémoire réalisé en entreprise, décrites dans le guide sur l’accès et l’éthique d’un mémoire en entreprise au Québec.

Puis-je changer de cadre théorique après l’approbation de ma proposition ?

C’est possible mais coûteux en temps, puisque cela entraîne souvent une révision de votre question de recherche et de votre méthodologie ; discutez-en avec votre direction dès que le doute apparaît plutôt qu’après une collecte déjà entamée sous l’ancien cadre. Le coût réel d’un tel changement en cours de route, chapitre par chapitre, est détaillé dans le billet sur changer de direction de recherche en cours de mémoire.