Le constat principal : en 2025-2026, les droits de scolarité moyens aux cycles supérieurs au Québec s’établissent à 4 307 $ pour un étudiant canadien et à 23 587 $ pour un étudiant international. Le Québec conserve donc le tarif le plus bas parmi les grandes provinces — et affiche le plus grand écart canadien-international du pays : 5,5 fois, contre 3,0 fois pour la moyenne canadienne. Sources : Statistique Canada, tableaux 37-10-0004-01 et 37-10-0006-01, diffusés le 10 septembre 2025.
Le chiffre qui mérite le plus d’attention n’est toutefois ni l’un ni l’autre. C’est la variation d’une année à l’autre.
La hausse québécoise de 10,8 % en un an
| Étudiants canadiens, cycles supérieurs | 2023-2024 | 2024-2025 | 2025-2026 | Variation 1 an |
|---|---|---|---|---|
| Québec | 3 760 $ | 3 887 $ | 4 307 $ | +10,8 % |
| Canada | 7 542 $ | 7 762 $ | 7 978 $ | +2,8 % |
| Ontario | 9 522 $ | 9 817 $ | 9 930 $ | +1,2 % |
| Colombie-Britannique | 10 803 $ | 11 024 $ | 11 195 $ | +1,6 % |
| Alberta | 6 489 $ | 6 675 $ | 6 804 $ | +1,9 % |
La hausse québécoise est de quatre à neuf fois supérieure à celle de toutes les autres provinces du tableau. En dollars courants, un étudiant canadien de deuxième ou de troisième cycle au Québec paie 420 $ de plus qu’un an plus tôt, alors que son homologue ontarien en paie 113 $ de plus. Sur deux ans, l’écart cumulé est encore plus net : les droits québécois progressent de 3 760 $ à 4 307 $, soit 14,5 %, pendant que la moyenne canadienne gagne 5,8 % et l’Ontario 4,3 %.
Deux précautions avant d’en faire une phrase de mémoire. D’abord, ce sont des dollars courants : le tableau ne corrige pas de l’inflation, et une comparaison sur plusieurs années doit le dire. Ensuite, il s’agit d’une moyenne provinciale pondérée, pas d’un tarif : aucun étudiant réel ne paie 4 307 $, et la moyenne bouge aussi lorsque la composition des inscriptions change entre programmes chers et programmes bon marché.
Cette seconde précaution n’est pas théorique. Une moyenne pondérée peut monter sans qu’aucun établissement n’ait augmenté ses droits, simplement parce que davantage d’étudiants se sont inscrits dans les programmes les plus chers. Rien dans ces tableaux ne permet de départager un effet de tarif d’un effet de composition, et une analyse honnête doit énoncer les deux hypothèses plutôt que d’en choisir une par commodité rhétorique.

L’écart canadien-international : le Québec, cas extrême
| 2025-2026, cycles supérieurs | Étudiants canadiens | Étudiants internationaux | Rapport |
|---|---|---|---|
| Québec | 4 307 $ | 23 587 $ | 5,5× |
| Canada | 7 978 $ | 24 028 $ | 3,0× |
| Ontario | 9 930 $ | 28 624 $ | 2,9× |
| Colombie-Britannique | 11 195 $ | 26 607 $ | 2,4× |
| Alberta | 6 804 $ | 16 990 $ | 2,5× |
Le mécanisme est arithmétique plutôt que politique : le tarif international québécois (23 587 $) est proche de la moyenne canadienne (24 028 $), tandis que le tarif canadien québécois (4 307 $) en est très éloigné. Le rapport explose parce que le dénominateur est bas, pas parce que le numérateur est haut.
La distinction compte pour la rédaction. Écrire « le Québec surfacture les étudiants internationaux » n’est pas soutenu par ces données : en valeur absolue, le Québec est la deuxième province la moins chère pour un étudiant international parmi celles comparées ici, derrière l’Alberta. Ce qui est soutenu, c’est que l’écart interne y est le plus grand du pays. Ce sont deux affirmations différentes, et une seule des deux résiste à la vérification.
Ce résultat éclaire directement une observation faite ailleurs sur ce site : au Québec, toute la croissance des effectifs de maîtrise provient de l’étranger pendant que l’effectif canadien recule. Les deux séries se lisent ensemble — et il faut résister à la tentation de les relier par une flèche causale, car ni l’une ni l’autre ne teste l’hypothèse.
Par domaine d’études : où l’écart est le plus brutal
Les moyennes provinciales masquent une structure. Voici le Québec en 2025-2026, domaine par domaine, avec le rapport entre les deux tarifs.
| Domaine (Québec, 2025-2026) | Canadiens | Internationaux | Rapport |
|---|---|---|---|
| MBA pour cadres | 18 884 $ | 42 500 $ | 2,3× |
| MBA régulier | 4 930 $ | 26 964 $ | 5,5× |
| Médecine dentaire | 5 382 $ | 24 647 $ | 4,6× |
| Sciences physiques et de la vie | 5 178 $ | 23 036 $ | 4,4× |
| Génie | 4 719 $ | 24 423 $ | 5,2× |
| Mathématiques et informatique | 4 376 $ | 24 414 $ | 5,6× |
| Sciences sociales et études juridiques | 3 890 $ | 22 437 $ | 5,8× |
| Éducation | 3 860 $ | 23 330 $ | 6,0× |
| Droit | 3 441 $ | 22 181 $ | 6,4× |
| Sciences infirmières | 3 420 $ | 21 990 $ | 6,4× |
| Pharmacie | 3 202 $ | 21 655 $ | 6,8× |
Trois constats se dégagent, et le deuxième est contre-intuitif :
- Le tarif international est presque plat. En excluant le MBA pour cadres, il tient dans une fourchette de 20 632 $ (médecine vétérinaire) à 26 964 $ (MBA régulier). Le tarif canadien, lui, va de 3 202 $ à 5 382 $ — soit un rapport interne de 1,7 contre 1,3.
- Le droit coûte moins cher que la moyenne. À 3 441 $, le droit québécois est sous la moyenne provinciale de 4 307 $ et bien sous les sciences physiques (5 178 $). L’intuition importée des facultés de droit américaines ne s’applique pas ici.
- L’écart est maximal là où le tarif canadien est minimal. Pharmacie, sciences infirmières et droit — les trois domaines les moins chers pour un Canadien — sont exactement ceux où l’étudiant international paie le multiple le plus élevé, jusqu’à 6,8 fois.
La première ligne mérite un mot de plus, parce qu’elle décrit deux logiques de tarification qui coexistent dans le même établissement. Du côté canadien, les droits suivent en partie le coût et la nature du programme, ce qui produit une hiérarchie entre disciplines. Du côté international, ils convergent vers une valeur commune, comme si le domaine importait peu. Pour un étudiant qui choisit entre deux programmes, la conséquence est directe : le classement des options par coût n’est pas le même selon le statut d’inscription.
Deux domaines n’apparaissent pas dans le tableau : la médecine et l’optométrie, pour lesquelles la valeur québécoise n’est pas diffusée dans ces tableaux. Ne comblez pas le vide avec une estimation : signalez l’absence.

Ce que ces tableaux ne mesurent pas
Quatre limites à déclarer si vous citez ces chiffres :
- Ce sont des droits de scolarité seulement. Les frais afférents, les cotisations étudiantes, l’assurance et le matériel n’y sont pas. Le coût réel d’une année est nettement supérieur au chiffre publié.
- Ce sont des moyennes pondérées par les inscriptions, pas des tarifs affichés. Votre établissement peut se situer loin de la moyenne provinciale.
- Le statut de résident québécois, de Canadien hors Québec et d’international correspond à trois grilles distinctes. Les tableaux utilisés ici opposent « canadien » et « international » ; la distinction Québec / hors Québec, elle, se lit dans la grille de votre université.
- Les exemptions et ententes ne sont pas reflétées. Certaines ententes bilatérales et certains programmes appliquent des tarifs réduits à des étudiants internationaux ; une moyenne ne les distingue pas.
Ces quatre limites ont une conséquence commune : ces tableaux servent à comparer des provinces et des domaines entre eux, pas à budgéter une année précise. Pour un budget personnel, la seule source valable reste la grille tarifaire officielle de votre établissement pour votre trimestre, votre programme et votre statut d’inscription.
Comment lire ces chiffres avec le financement
Les droits de scolarité sont la sortie ; les bourses sont l’entrée, et les deux ont changé de forme récemment. Une bourse fédérale de maîtrise à 27 000 $ couvre plus de six fois les droits québécois moyens, mais elle est attribuée à un nombre limité de candidats ; une bourse provinciale de 20 000 $ par an couvre plus de quatre fois ces mêmes droits. Le détail des programmes et de ce qui a été refondu en 2026 se trouve dans notre analyse du financement des études supérieures au Canada.
Pour un étudiant international au Québec, le calcul est différent d’un ordre de grandeur : à 23 587 $ de droits, la même bourse fédérale ne couvre pas l’année. C’est une phrase que peu de guides écrivent, et elle est vérifiable en deux tableaux.
Comment citer correctement
Nommez l’organisme, le titre du tableau, son numéro, l’année de référence et la date d’extraction. Les deux tableaux utilisés ici portent les numéros 37-10-0004-01 (droits canadiens de cycles supérieurs par domaine) et 37-10-0006-01 (droits internationaux), tous deux en dollars courants, avec une année de référence 2025 correspondant à l’année scolaire 2025-2026 et une diffusion datée du 10 septembre 2025.
Une dernière mise en garde de méthode, valable pour tous les tableaux de cette famille : ce qui est publié n’est pas ce que vous cherchez nécessairement. Notre analyse des taux de diplomation et d’abandon aux cycles supérieurs montre un cas où la mesure attendue n’existe tout simplement pas dans le catalogue — et où la bonne réponse consiste à documenter l’absence plutôt qu’à fabriquer un ratio.
Si votre chapitre de données doit tenir plusieurs tableaux de ce genre sans perdre sa cohérence, structurez-le dans Tesify : la mise en forme des tableaux et des références reste constante pendant que l’analyse demeure entièrement la vôtre.
Foire aux questions
Combien coûte une maîtrise au Québec en 2025-2026 ?
4 307 $ de droits de scolarité moyens pour un étudiant canadien, selon le tableau 37-10-0004-01 de Statistique Canada. Les frais afférents ne sont pas compris.
Et pour un étudiant international ?
23 587 $ en moyenne au Québec, selon le tableau 37-10-0006-01, soit 5,5 fois le tarif canadien.
Le Québec est-il la province la moins chère ?
Pour un étudiant canadien, oui, parmi les provinces comparées ici, et de loin : 4 307 $ contre 6 804 $ en Alberta, 9 930 $ en Ontario et 11 195 $ en Colombie-Britannique. Pour un étudiant international, l’Alberta est moins chère.
De combien les droits ont-ils augmenté ?
De 10,8 % au Québec entre 2024-2025 et 2025-2026, contre 2,8 % pour la moyenne canadienne et 1,2 % en Ontario.
Quel domaine coûte le plus cher ?
Le MBA pour cadres, à 18 884 $ pour un Canadien et 42 500 $ pour un international. Hors MBA, la médecine dentaire mène à 5 382 $.
Quel domaine coûte le moins cher ?
La pharmacie, à 3 202 $ pour un étudiant canadien — et c’est aussi le domaine où l’écart international est le plus grand, à 6,8 fois.
Le droit est-il un programme coûteux au Québec ?
Non, pas au deuxième cycle : 3 441 $ pour un Canadien, sous la moyenne provinciale.
Pourquoi la médecine n’apparaît-elle pas ?
La valeur québécoise n’est pas diffusée pour ce domaine dans ces tableaux. Signalez l’absence plutôt que de l’estimer.
Ces montants incluent-ils les frais afférents ?
Non. Il s’agit uniquement des droits de scolarité ; le coût réel d’une année est supérieur.
Les chiffres sont-ils corrigés de l’inflation ?
Non, ils sont en dollars courants. Toute comparaison pluriannuelle doit le préciser.
S’agit-il de tarifs ou de moyennes ?
De moyennes pondérées par les inscriptions. Votre établissement peut s’en écarter sensiblement.
Ces droits distinguent-ils les Québécois des Canadiens hors Québec ?
Non. Ces tableaux opposent les étudiants canadiens aux étudiants internationaux ; la grille Québec / hors Québec relève de votre université.
Une hausse de moyenne signifie-t-elle une hausse de tarif ?
Pas nécessairement. Une moyenne pondérée peut monter par simple déplacement des inscriptions vers des programmes plus chers. Ces tableaux ne permettent pas de trancher.
